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Vos marguerites sauvages nourrissent-elles vraiment les insectes ? L’erreur à éviter

Une femme se penche sur des fleurs blanches

Elle plante des marguerites sauvages, une fleur sauvage qui nourrit plusieurs espèces de pollinisateurs, bien plus nombreux qu’on ne l’imagine. Abeilles solitaires, bourdons, syrphes, papillons et coléoptères viennent y chercher leur repas dès le mois de mai. Mais toutes les marguerites ne se valent pas, et un geste mal placé suffit à transformer un massif généreux en désert alimentaire.

Quels insectes les marguerites sauvages nourrissent-elles ?

La marguerite sauvage (Leucanthemum vulgare) accueille surtout des insectes à langue courte, qui profitent d’un nectar facile d’accès et d’un pollen abondant. Son capitule plat sert de piste d’atterrissage à une foule de petits visiteurs. Voici qui s’y presse le plus souvent.

Abeilles sauvages, bourdons et syrphes

Les abeilles sauvages qui ne vivent pas en ruche et comment les aider, notamment les abeilles solitaires comme les andrènes, les halictes ou les hylées, sont parmi les clientes les plus fidèles. Elles récoltent le pollen pour approvisionner leurs nids creusés dans le sol ou logés dans des tiges. Les bourdons s’y arrêtent aussi, surtout en début de saison, quand les reines cherchent à reconstituer leurs forces.

Les syrphes, ces mouches rayées de jaune et de noir qui imitent les guêpes, adorent le capitule. Les adultes se nourrissent de nectar et de pollen. Leurs larves, elles, dévorent des quantités de pucerons : une fleur qui nourrit l’adulte protège indirectement vos rosiers.

Papillons, coléoptères et autres visiteurs

Plusieurs papillons de jour, comme les piérides ou le myrtil, se posent sur les marguerites pour boire le nectar, même si elles ne sont pas leurs plantes préférées. Les coléoptères viennent plutôt pour le pollen : cétoines, malachies ou œdémères mâchouillent le centre jaune de la fleur. Ils comptent parmi les pollinisateurs les plus discrets du jardin.

Des araignées-crabes s’embusquent aussi sur les pétales, ce qui prouve que la fleur nourrit toute une chaîne alimentaire et pas seulement les butineurs.

Insecte Ce qu’il trouve Bénéfice pour le jardin
Abeilles solitaires Pollen et nectar Pollinisation des fruitiers et potagers
Bourdons Nectar en début de saison Pollinisation efficace, même par temps frais
Syrphes Nectar et pollen (adultes) Larves prédatrices de pucerons
Papillons Nectar Pollinisation et biodiversité visible
Coléoptères Pollen Pollinisation, maillon de la chaîne alimentaire

Pourquoi les marguerites attirent-elles autant d’insectes ?

Tout tient à la structure de la fleur. Ce que l’on prend pour une seule fleur est en réalité un capitule, qui rassemble des dizaines de petits fleurons jaunes au centre et une couronne de fleurs ligulées blanches. Cette grande surface plate permet à des insectes très différents de se poser et de butiner sans technique particulière.

Les astéracées, la famille de la marguerite, sont d’ailleurs parmi les meilleures alliées des pollinisateurs. Chaque fleuron s’ouvre à son tour, ce qui prolonge la production de nectar et de pollen sur plusieurs jours. La floraison de la marguerite sauvage s’étale de mai à septembre, avec un pic en juin, quand beaucoup d’autres fleurs spontanées se raréfient.

Attention à la confusion avec la pâquerette (Bellis perennis). Plus petite, elle fleurit dès les premiers beaux jours de février et jusqu’à l’automne. Elle dépanne les premiers butineurs sortis d’hiver, quand la marguerite n’a pas encore ouvert ses boutons. Les deux plantes se complètent très bien dans une pelouse fleurie.

Planter des marguerites sauvages pour les pollinisateurs

Petales blancs, coeur jaune, abeille posee dessus au soleil

La marguerite sauvage ne demande presque rien. Elle aime le plein soleil et se contente d’un sol ordinaire, voire pauvre. Trop de compost ou d’engrais la fait pousser en hauteur, au détriment de la floraison, et favorise les graminées qui l’étouffent.

Pour la plantation, deux options s’offrent à vous :

  1. Le semis au printemps ou à l’automne, en éparpillant les graines sur une terre ameublie et peu recouvertes, car elles germent à la lumière.
  2. L’achat de godets, à planter en pleine terre ou en grand pot, en espaçant les pieds d’environ 30 cm.

Les touffes se divisent facilement à l’automne tous les deux ou trois ans, ce qui évite qu’elles s’épuisent et donne de nouveaux pieds pour agrandir le massif.

Marguerite sauvage ou variété à fleurs doubles ?

Beaucoup de marguerites vendues en jardinerie sont des variétés horticoles aux pétales multipliés, parfois même sans disque central visible. Les étamines y ont été remplacées par des pétales : moins de pollen, un nectar plus difficile à atteindre. Pour les insectes, choisissez des fleurs simples, avec un cœur jaune bien visible.

Entretenir sans nuire aux insectes : tonte raisonnée et prairie fleurie

L’erreur la plus courante n’est pas de mal planter, mais de tondre au mauvais moment. Couper les marguerites en pleine floraison revient à retirer le plat du buffet. Une tonte raisonnée consiste à laisser une partie du terrain en herbe haute et à ne faucher qu’après la floraison, fin août ou en septembre, quand les graines ont mûri.

Le No Mow May, qui invite à ne pas tondre en mai, va dans ce sens. Il laisse aux marguerites, pâquerettes et autres fleurs spontanées le temps de s’installer. Une zone d’une dizaine de mètres carrés suffit pour constater une hausse des visites. Pour étaler les ressources, vous pouvez aussi faucher une bande à mi-saison : elle refleurira plus tard, quand le reste du pré aura fini.

Un jardin sans pesticides est la condition de base. Insecticides et herbicides sélectifs de pelouse tuent directement les butineurs ou raréfient leurs fleurs. Pour une prairie fleurie réussie, associez la marguerite à des plantes mellifères aux floraisons décalées : centaurées, knauties, achillées, vipérines ou trèfles.

Au-delà du butinage : refuge et auxiliaires du jardin

Marguerites blanches fanees et tiges seches dressees au soleil

Une touffe de marguerites sert aussi de refuge. Certaines abeilles solitaires s’abritent dans les capitules fermés pour la nuit, et des tiges sèches de fleurs qui abritent des insectes en hiver offrent un gîte à ceux qui y pondent ou y hibernent. Couper tout à ras en automne efface ces abris. Laissez quelques tiges debout jusqu’au printemps.

Les auxiliaires du jardin y trouvent aussi leur compte. Les larves de syrphes, mais aussi les coccinelles et les chrysopes attirées par la présence de proies, limitent les pucerons sans aucun traitement. Une simple bande de marguerites près du potager peut ainsi réduire vos interventions.

La biodiversité se construit par petites touches. Quelques mètres carrés de marguerites sauvages, un coin laissé en herbe haute et zéro produit chimique suffisent pour voir revenir, en une saison ou deux, des visiteurs que votre jardin n’avait pas accueillis depuis longtemps.

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