Vous regardez votre haie en juillet et le feuillage ressemble à de la dentelle. Pas de maladie, pas de sécheresse : un petit coléoptère métallique est passé par là. Face à ce ravageur, les pépiniéristes poussent désormais une réponse bien précise.
Le cyprès de Leyland, la haie anti-scarabée plébiscitée par les pépiniéristes
Le conifère en question, c’est le cyprès de Leyland. Dans les pépinières, c’est lui que l’on recommande en priorité aux jardiniers qui veulent une haie capable de tenir face au scarabée japonais. Ce n’est pas un effet de mode : sa croissance rapide, son feuillage dense et surtout son manque d’attrait pour l’insecte en font un candidat de choix.
Le raisonnement des professionnels est simple. Le scarabée japonais adore les feuillages tendres de nombreux arbustes à feuilles caduques. Un conifère au feuillage résineux ne figure pas en tête de son menu. Planter du Leyland, c’est donc bâtir une haie bouclier avant que le problème n’arrive chez vous.
Le conseil qui revient dans la bouche des pépiniéristes tient en une phrase : n’attendez pas que la haie soit dévorée pour réagir. Une haie de charmille ou de noisetier ravagée met plusieurs saisons à se remettre, quand elle y parvient. Mieux vaut anticiper, surtout dans les régions où l’insecte a déjà été repéré.
Le scarabée japonais : un ravageur qui transforme les haies traditionnelles en dentelle
Le scarabée japonais (Popillia japonica) est un petit coléoptère d’environ un centimètre, reconnaissable à sa tête vert métallique et à ses élytres cuivrés. Il porte sur les flancs de petites touffes de poils blancs, un détail utile pour ne pas le confondre avec le hanneton ou la cétoine. Originaire du Japon, c’est une espèce invasive qui progresse en Europe, avec des détections ponctuelles en France ces dernières années.
Les adultes apparaissent en début d’été et restent actifs jusqu’au début de l’automne. Ils s’attaquent au limbe des feuilles en laissant les nervures intactes, ce qui donne ces fameux dégâts en dentelle. L’insecte peut se nourrir de plusieurs centaines de plantes différentes, fruitiers, rosiers, vigne, érables, tilleuls et haies champêtres compris.
Les larves, elles, vivent dans le sol et grignotent les racines des graminées. Une pelouse qui jaunit par plaques en fin d’été peut donc être un signal d’alerte. Si vous pensez avoir repéré l’insecte, mieux vaut le signaler aux services de la protection des végétaux plutôt que de l’écraser sans rien dire : l’espèce fait l’objet d’une surveillance officielle.
Pourquoi le cyprès de Leyland résiste au scarabée japonais

Le cyprès de Leyland (×Cuprocyparis leylandii) est un hybride de conifère à feuillage en petites écailles serrées, riche en résines et en composés aromatiques. Ce feuillage coriace et odorant n’a rien de la tendreté que recherche l’insecte. Les adultes se concentrent sur les végétaux plus appétents et délaissent largement ce type de feuillage.
Cette résistance a toutefois ses limites : on parle d’une préférence alimentaire, pas d’une immunité absolue. Un insecte affamé peut goûter à presque tout, d’où l’intérêt de ne pas miser uniquement sur une espèce. Le cyprès de Leyland reste malgré tout l’un des choix les plus sûrs quand on veut limiter les dégâts.
Comment planter sa haie de cyprès de Leyland : conseils et erreurs à éviter
La meilleure période de plantation s’étend d’octobre à novembre, quand le sol est encore tiède et les pluies reviennent. Les racines s’installent avant l’hiver et la reprise est plus franche au printemps. Hors gel, on peut planter jusqu’en mars.
- Creusez une tranchée ou des trous deux fois plus larges que la motte.
- Espacez les plants de 1 à 1,50 m selon la densité souhaitée.
- Installez la motte au niveau du sol, sans enterrer le collet.
- Avant de reboucher avec la terre du jardin mélangée à un peu de compost, pensez à tremper les racines nues avant plantation, puis tassez légèrement.
- Arrosez abondamment, puis paillez le pied pour garder l’humidité.
Pendant les deux premières années, l’arrosage régulier fait toute la différence, surtout en été. Ensuite, la haie se débrouille presque seule. Comptez 60 cm à 1 m de croissance par an, ce qui est considérable.
Hauteur de haie : la règle des 2 mètres
Au-delà de 2 m de hauteur, une haie doit être plantée à au moins 2 m de la limite de propriété. En dessous, 50 cm suffisent. Avec un Leyland qui peut dépasser les 15 m s’il n’est pas taillé, mieux vaut s’y tenir dès le départ.
La grosse erreur avec ce conifère, c’est de le laisser filer, un peu comme l’erreur de taille sur le laurier-cerise qui abîme la haie pour tout l’hiver. Taillez deux fois par an, en juin puis en septembre, et ne coupez jamais dans le bois nu : il ne repousse pas. Une haie négligée devient vite un mur de 10 m que personne n’ose plus raboter, alors que l’on connaît le bon moment pour rabaisser une haie trop haute. Évitez aussi de planter trop serré en pensant gagner du temps, car les plants se concurrencent et se dégarnissent à la base.
Autres conifères et plantes résistantes au scarabée japonais

Le cyprès de Leyland n’est pas le seul conifère à tenir le coup. Le thuya, le cyprès de Lawson ou l’if sont généralement délaissés par l’insecte, avec les mêmes réserves sur l’absence de garantie totale. L’if est toxique pour les animaux et les enfants, un point à peser avant de planter près d’un pâturage.
Pour éviter la monoculture, qui expose la haie à d’autres problèmes sanitaires, on peut aussi panacher avec quelques arbustes réputés moins attractifs. Les professionnels conseillent de se renseigner auprès d’une pépinière locale, qui connaît la pression du ravageur dans sa région.
À l’inverse, certaines plantes vulnérables sont à surveiller de près si l’insecte est signalé près de chez vous :
- les rosiers, la vigne et les framboisiers
- les tilleuls, érables, saules et bouleaux
- les fruitiers comme le prunier, le cerisier ou le pommier
- les haies de charmille ou de noisetier
Si vous possédez déjà une haie de ce type, inutile de tout arracher. Surveillez-la dès juin, repérez les premiers signes de grignotage et mélangez-y éventuellement quelques conifères en renfort. Pour une haie neuve, en revanche, le cyprès de Leyland planté à l’automne reste la solution que retiennent aujourd’hui la plupart des pépiniéristes.





