Quitter un logement meublé ou y mettre un terme en tant que bailleur obéit à des règles précises, différentes de celles d’une location vide. Le bail meublé répond à un régime spécifique issu de la loi de 1989 et de la loi Alur, avec des délais de préavis nettement plus courts. Voici comment fonctionne la résiliation selon que l’initiative vient du locataire ou du propriétaire.
Délai de préavis pour une location meublée : 1 mois
Le point à retenir avant tout le reste : le locataire d’un logement meublé peut donner congé à tout moment, sans attendre la fin du bail, à condition de respecter un délai de préavis d’1 mois. Ce délai s’applique quelle que soit la commune, qu’elle soit en zone tendue ou non, et sans avoir à justifier d’un motif particulier. C’est la principale différence avec la location vide, où le préavis standard est de trois mois.
Le bail meublé classique est conclu pour une durée d’un an, reconductible tacitement. Le locataire n’est pas tenu de rester jusqu’à cette échéance : il lui suffit d’envoyer son congé un mois avant la date de départ souhaitée. Le décompte du préavis démarre à la réception du courrier par le bailleur, et non à la date d’envoi.
Comment donner congé : formalités et lettre de résiliation
Pour que la résiliation soit valable, le locataire doit notifier son congé selon l’une des trois formes reconnues par la loi : la lettre recommandée avec AR, la remise en main propre contre récépissé ou émargement, ou par acte d’huissier. Un simple mail ou un SMS n’a aucune valeur juridique dans ce cadre, même si le propriétaire en a pris connaissance.
La lettre doit mentionner l’adresse du logement, la date de prise d’effet souhaitée et la signature du locataire. Aucune justification n’est exigée : le propriétaire ne peut pas refuser un congé régulièrement notifié. Une fois le préavis lancé, le locataire reste redevable du loyer jusqu’à son terme, sauf accord amiable pour un départ anticipé sans pénalité.
Modèle de lettre de congé pour bail meublé
Un courrier de résiliation peut être rédigé simplement, en reprenant les informations essentielles : identité des parties, adresse du bien loué, date d’entrée dans les lieux, et date de départ envisagée. Voici une trame utilisable telle quelle :
« Madame, Monsieur, je vous informe par la présente de mon souhait de résilier le bail de location meublée du logement situé à [adresse], dont je suis locataire depuis le [date]. Conformément au délai de préavis d’un mois applicable aux locations meublées, je quitterai les lieux le [date]. Je reste à votre disposition pour convenir d’un rendez-vous pour l’état des lieux de sortie. Cordialement. »
Ce courrier doit être envoyé en lettre recommandée avec AR pour disposer d’une preuve de réception, seule référence fiable en cas de litige sur le respect du délai.
Partir sans respecter le préavis ou sans envoyer de congé formel expose au paiement du loyer jusqu’à la fin théorique du délai d’un mois, même si les clés sont rendues avant. Le non-respect du préavis ne dispense donc pas des loyers dus, sauf accord écrit du bailleur pour une libération anticipée.
Fin de bail à l’initiative du propriétaire : motifs et conditions
Le bailleur ne dispose pas de la même liberté que le locataire. Il ne peut donner congé qu’à l’échéance du bail, en respectant un délai de préavis de trois mois avant la date anniversaire du contrat. Ce congé doit obligatoirement reposer sur un motif légitime prévu par la loi.
Trois motifs sont recevables : la reprise du logement pour y habiter ou y loger un proche, la vente du bien libre de tout occupant, ou un manquement du locataire à ses obligations (impayés répétés, dégradations, non-respect du contrat). Dans les deux premiers cas, le propriétaire doit préciser le motif et l’identité du bénéficiaire dans la lettre de congé, envoyée elle aussi en recommandé avec accusé de réception, par remise en main propre ou par huissier.
Un congé pour vente ouvre un droit de préemption au profit du locataire, qui peut se porter acquéreur en priorité aux conditions annoncées. Un congé sans motif valable, ou notifié hors délai, est nul et le bail se poursuit automatiquement par tacite reconduction.
État des lieux de sortie et restitution du dépôt de garantie
À la fin du préavis, un état des lieux de sortie est réalisé contradictoirement entre le locataire et le bailleur, ou son représentant. Il est comparé à l’état des lieux d’entrée pour identifier d’éventuelles dégradations imputables au locataire, en dehors de l’usure normale.
Le dépôt de garantie, plafonné à deux mois de loyer hors charges en meublé, doit être restitué dans un délai d’un mois si l’état des lieux de sortie est conforme à celui d’entrée, ou de deux mois si des retenues sont justifiées par des réparations ou des charges non régularisées. Passé ce délai, des intérêts de retard s’appliquent automatiquement sur les sommes dues.
Cas particuliers : bail mobilité, bail étudiant, colocation
Le bail mobilité, réservé aux étudiants, apprentis ou personnes en mission temporaire, dure de un à dix mois et ne peut pas être renouvelé au-delà de cette durée totale. Aucun dépôt de garantie n’y est associé, et le locataire peut y mettre fin à tout moment avec un préavis d’un mois, sans motif à justifier.
Le bail étudiant classique, d’une durée de neuf mois non reconductible, s’éteint automatiquement à son terme sans qu’un congé soit nécessaire de la part du bailliaire. Le locataire garde toutefois la possibilité de partir avant l’échéance en respectant le préavis d’un mois.
En colocation meublée avec un bail unique, le départ d’un colocataire ne met pas fin au contrat pour les autres occupants. Le colocataire sortant reste redevable du loyer jusqu’à l’arrivée d’un remplaçant ou pendant six mois maximum après son départ, sauf clause de solidarité limitée dans le contrat. Chacun doit néanmoins notifier son propre congé dans les mêmes formes que pour un bail individuel.


