Des feuilles de courgette, de rosier ou de lilas parsemées de minuscules insectes jaune vif : on pense à une bestiole inconnue, voire à un nuisible. Dans la grande majorité des cas, il s’agit pourtant de coccinelles, et elles sont plutôt bienvenues. Reste à savoir laquelle vous avez sous les yeux.
Bonne nouvelle, quelques critères suffisent : la couleur des élytres, le nombre et la forme des points noirs, et la taille. Voici comment trier les espèces jaunes les plus courantes.
Coccinelles jaunes : quelles espèces peut-on rencontrer ?
En France, trois profils reviennent presque toujours quand on parle de petites coccinelles jaunes. Le premier, de loin le plus fréquent, est la coccinelle à 22 points. Les deux autres sont la coccinelle à 14 points et, plus rarement, la coccinelle à 16 points. La coccinelle asiatique, elle, joue les trouble-fêtes parce qu’elle prend parfois des teintes claires.
La coccinelle à 22 points, la petite jaune la plus courante
Si vos insectes sont d’un jaune citron éclatant, minuscules et ornés de nombreux petits points noirs, vous avez très probablement affaire à la coccinelle à 22 points (Psyllobora vigintiduopunctata). Elle mesure à peine 3 à 4 mm, soit la taille d’une tête d’allumette. Ses élytres portent environ 22 points noirs bien séparés, et son pronotum, la plaque située derrière la tête, est lui aussi jaune et tacheté.
C’est une coccinelle mycophage : elle ne chasse pas les pucerons, elle broute les filaments blancs de l’oïdium. On la repère donc sur les feuilles poudrées de blanc, notamment sur les courgettes (qui connaissent parfois un autre souci détaillé dans cet article sur l’erreur d’arrosage qui fait jaunir les courgettes), les rosiers, les lilas ou les vignes. Sa larve, allongée et jaunâtre, partage le même menu.
La coccinelle à 14 points et les autres espèces claires
La coccinelle à 14 points (Propylea quatuordecimpunctata) est un peu plus grande, entre 3,5 et 5 mm. Ses élytres vont du jaune crème au jaune paille, et ses points noirs, souvent soudés entre eux, dessinent un motif en damier. D’où son autre nom, la coccinelle à damier. Elle, en revanche, mange bien des pucerons.
La coccinelle à 16 points (Tytthaspis sedecimpunctata) est encore plus discrète : 2,5 à 3,5 mm, jaune pâle, avec de petits points très fins. Comme sa cousine à 22 points, elle se nourrit de champignons microscopiques. On la croise surtout dans les herbes hautes et les prairies.
| Espèce | Couleur | Points | Taille | Régime |
|---|---|---|---|---|
| 22 points | Jaune citron vif | 22, petits et séparés | 3 à 4 mm | Oïdium |
| 14 points | Jaune crème à paille | 14, souvent fusionnés en damier | 3,5 à 5 mm | Pucerons |
| 16 points | Jaune pâle | 16, très fins | 2,5 à 3,5 mm | Champignons |
| Asiatique | Orange, rouge, parfois jaunâtre | 0 à 19, très variable | 5 à 8 mm | Pucerons, cochenilles |
Comment reconnaître une coccinelle jaune : les critères d’identification
Commencez par la taille. Une coccinelle jaune de 3 à 4 mm, c’est presque toujours la 22 points. Si elle approche les 5 mm, pensez plutôt à la 14 points. Une comparaison avec une pièce de 1 centime (16 mm de diamètre) aide à ne pas se tromper sur le terrain.
Regardez ensuite les points noirs. Sur la 22 points, ils sont nombreux, ronds et bien individualisés, comme semés régulièrement sur les élytres. Sur la 14 points, ils sont plus gros, plus anguleux, et se rejoignent par endroits pour former des bandes ou un damier. Le pronotum fournit un dernier indice : tacheté de noir chez la première, marqué de motifs sombres et plus anguleux chez la seconde.
Enfin, observez la plante. Des feuilles couvertes d’une poudre blanche signalent presque à coup sûr l’oïdium, et donc la présence de la petite jaune. Des tiges envahies de pucerons orientent plutôt vers la 14 points.
L’oïdium sur la feuille : l’indice qui trahit la 22 points
Pas de pucerons en vue mais des feuilles blanchies et de petits insectes jaunes qui s’y promènent ? Ils ne sont pas en train de vous abîmer la plante : ils nettoient le champignon. Laissez-les travailler.
Ne pas la confondre : coccinelle asiatique, larves et autres insectes

La coccinelle asiatique (Harmonia axyridis) est une espèce invasive arrivée en Europe comme auxiliaire de culture. Elle est extrêmement variable : du jaune orangé au rouge vif, avec zéro à dix-neuf points. Sa taille, 5 à 8 mm, la distingue déjà des minuscules jaunes. Son meilleur signe reste le pronotum blanc cassé, marqué d’un dessin noir en forme de « M » ou de « W ».
Les larves prêtent aussi à confusion. Allongées, hérissées d’épines, grises ou noires avec des taches jaunes ou orange, elles ressemblent à de petits crocodiles miniatures. Personne n’imagine qu’elles deviendront des coccinelles, pourtant c’est bien leur stade de larve. Elles passent ensuite par une nymphe immobile, collée à une feuille, avant l’émergence de l’adulte : c’est le cycle de vie complet, de l’œuf à l’insecte ailé.
Quelques coléoptères jaunes peuvent aussi vous tromper. Certaines chrysomèles, à la silhouette arrondie, ressemblent à des coccinelles, mais elles croquent les feuilles. Même chose pour la coccinelle à 24 points, jaune-roux et couverte de fins poils : elle est végétarienne et grignote parfois luzerne ou légumineuses. Un corps duveteux, mat, est le signe qu’il ne s’agit pas d’une alliée.
Que mangent les petites coccinelles jaunes ? Sont-elles utiles au jardin ?
Elles le sont, chacune à leur façon. La 22 points débarrasse vos plantes de l’oïdium sans aucun produit, ce qui en fait un véritable auxiliaire du jardin, discret mais efficace, à l’image d’un autre insecte méconnu présenté dans cet article sur pourquoi la mouche soldat noire est une alliée du compost. La 14 points se charge des pucerons, et une larve peut en avaler plusieurs centaines au cours de son développement.
Leur présence témoigne d’un jardin en bonne santé et contribue à la biodiversité locale. Quant à la coccinelle asiatique, elle mange aussi des pucerons, mais elle concurrence les espèces autochtones et peut former de gros rassemblements dans les maisons à l’automne.
Que faire si vous en découvrez chez vous ?

Au jardin, ne faites rien : surtout pas d’insecticide, qui les éliminerait avec le reste. Laissez quelques zones d’herbes hautes, installez un hôtel à insectes et gardez des fleurs sauvages, qui offrent pollen et abris. Les adultes y passent l’hiver.
Si elles s’invitent à l’intérieur, aucune inquiétude sanitaire pour les 22 et 14 points : elles ne piquent pas et ne rongent ni meubles ni tissus. Attrapez-les avec un verre et une feuille de papier, puis relâchez-les dehors près d’une plante. En cas d’invasion de coccinelles asiatiques, un aspirateur à embout fin et des moustiquaires aux fenêtres limitent les entrées.
Dernier réflexe : prenez une photo en gros plan, de dessus, et comptez les points. Avec la taille et la plante sur laquelle l’insecte se trouve, vous aurez en général votre réponse en quelques secondes.






