Jardin

Pourquoi les tournesols sont utiles aux oiseaux après la floraison

Mesange posee sur une tete de fleur sechee

Votre tournesol vient de perdre ses pétales, la tête pend, les feuilles jaunissent. Le réflexe est de tout arracher pour « faire propre ». Pourtant, c’est à ce moment précis que la plante devient une vraie station-service pour les oiseaux du jardin.

Bonne nouvelle : il suffit de ne rien faire, ou presque. Laissez les capitules sécher sur pied de la fin de l’été jusqu’à l’automne, gardez quelques tiges debout pendant l’hiver, et votre jardin gagne un garde-manger gratuit.

Pourquoi les graines de tournesol intéressent les oiseaux

Un capitule mûr peut porter plusieurs centaines de graines de tournesol, et chacune est un concentré d’énergie. Elles contiennent beaucoup de lipides (de l’ordre de la moitié de leur poids pour les variétés oléagineuses) et une bonne dose de protéines. Pour un petit oiseau qui doit brûler des calories pour garder sa température lors des nuits froides, c’est exactement ce qu’il faut.

Le nourrissage hivernal, période où l’on comprend aussi pourquoi les arbustes à baies attirent les oiseaux en hiver, est le moment où ces réserves comptent le plus. Quand les insectes se font rares et que le sol gèle, les graines restées sur la plante offrent un apport régulier, sans que vous ayez à remplir quoi que ce soit chaque matin. Les oiseaux apprennent vite où se trouve la ressource et reviennent chaque jour.

Le tournesol (Helianthus annuus) a aussi un avantage pratique : sa graine est grosse, facile à saisir et à décortiquer pour de nombreuses espèces. Les variétés dites « à huile », aux graines noires et fines, sont les plus appréciées, car leur coque est plus mince et leur amande plus riche que celles des grosses variétés rayées destinées à la consommation humaine.

Les autres atouts d’un tournesol fané : perchoirs, abris et insectes

La nourriture n’est qu’une partie du service rendu. Les tiges robustes, hautes de 1,5 à 3 mètres selon les variétés, forment un perchoir idéal. Les oiseaux y guettent les alentours avant de descendre au sol, ou s’y posent entre deux passages à la mangeoire. Un massif de tournesols secs offre aussi un petit couvert où se cacher d’un chat ou d’un épervier.

Les insectes ne sont pas en reste. Pendant la floraison, le tournesol attire abeilles sauvages, bourdons et autres pollinisateurs. Une fois la plante sèche, ses feuilles mortes et ses tiges abritent des larves, des pucerons et des petites bêtes que mésanges et pinsons viennent picorer, surtout au début de l’automne. Certains insectes passent même l’hiver dans les tiges creuses ou dans le sol au pied de la plante.

Cette double fonction, nourriture et refuge, fait du tournesol un allié naturel de la biodiversité, un peu comme ce coin sauvage au jardin qui attire les mésanges bleues en automne. Il s’intègre très bien dans un jardin naturel, à côté d’un tas de feuilles ou d’une haie champêtre.

Quels oiseaux viennent se nourrir sur les tournesols ?

Mesange bleue perchee sur une tige verte ensoleillee

Les visiteurs dépendent de votre région et de la hauteur de vos plantes, mais quelques habitués se retrouvent partout en France. Le tableau suivant résume leurs comportements les plus courants.

Oiseau Comment il se sert
Mésanges Acrobates, elles attrapent une graine, filent sur une branche et la cassent avec le bec
Chardonnerets Se suspendent à la tête, parfois en petits groupes, et picorent sur place
Moineaux Arrivent en bande et récupèrent aussi les graines tombées au sol
Pinsons Fouillent surtout sous la plante pour ramasser ce qui a chuté
Sittelles Emportent une graine, la coincent dans une écorce et la martèlent

Selon les secteurs, vous pouvez aussi croiser des verdiers, des grosbecs ou des geais. Le plus agréable est que vous pouvez observer tout ce petit monde depuis une fenêtre, sans installer la moindre mangeoire.

Comment laisser et utiliser ses tournesols après la floraison

La règle de base est de patienter. Les graines mettent plusieurs semaines à mûrir après la chute des pétales. Le capitule est prêt quand son dos passe du vert au jaune, puis au brun, et que les graines deviennent bien dures et visibles. Dans la plupart des régions, cela se joue entre la fin août et octobre.

Laisser les capitules sur pied ou les suspendre

Première option : ne toucher à rien. Les oiseaux se servent directement sur la plante, qui reste en place tout l’automne. C’est la solution la plus naturelle et la plus simple à mettre en œuvre. Son inconvénient, c’est qu’en cas de longues pluies, certaines têtes peuvent moisir avant d’être vidées.

Seconde option : couper les têtes avec 30 à 40 cm de tige et les suspendre à l’abri de la pluie, par exemple sous un auvent, dans une cabane ou accrochées à une branche d’arbre. Le séchage se poursuit, les graines restent accessibles et vous choisissez l’emplacement, plus proche de la maison et à l’écart des chats. Les capitules peuvent aussi être posés sur une grille ou fixés à un piquet.

Le filet : partager la récolte sans tout perdre

Si vous souhaitez garder une partie des graines pour vous ou pour la mangeoire, enveloppez quelques capitules dans un filet léger ou un sac en mousseline dès que le dos jaunit. Les oiseaux se serviront sur les autres têtes, et vous conserverez les plus belles. Laissez toujours aux oiseaux la plus grosse part.

Récolter les graines et les conserver pour l’hiver

Pour la récolte des graines, coupez les capitules par temps sec, une fois le dos bien brun. Suspendez-les la tête en bas dans un endroit aéré, sec et à l’abri des rongeurs pendant une à deux semaines. Le séchage doit être complet, sinon les graines moisissent, ce qui peut rendre les oiseaux malades.

Quand les graines se détachent facilement, frottez la tête avec la main ou une brosse dure au-dessus d’un bac. Stockez-les dans un bocal, une boîte métallique ou un sac en toile bien aéré, au sec et au frais. Vous pourrez les verser dans une mangeoire dès les premières gelées, ou en semer quelques-unes au printemps suivant.

Côté tiges, laissez-en plusieurs debout pendant l’hiver pour servir de perchoir et d’abri aux insectes, un principe que l’on retrouve aussi avec ces arbustes à ne pas tailler cet automne pour attirer les oiseaux. Coupez-les en fin d’hiver ou au début du printemps, puis hachez-les pour le compost ou le paillage. Gardez quelques tronçons dans un coin du jardin, ils serviront encore de refuge à la petite faune.

Précautions à prendre et erreurs à éviter

Graines de tournesol brunes dans une main

Le point de départ est le choix des variétés. Pour que les graines soient bonnes pour les oiseaux, il faut des variétés non traitées, cultivées sans pesticides ni enrobage chimique sur les semences. Évitez aussi les tournesols ornementaux « sans pollen » : beaucoup produisent peu ou pas de graines, et leur intérêt pour les oiseaux est quasi nul. Préférez les variétés à graines riches en huile, ou les grandes variétés classiques.

Ne donnez jamais de graines salées, grillées ou aromatisées, même si elles paraissent appétissantes. Le sel est dangereux pour les petits oiseaux. Les graines destinées à l’apéritif humain sont donc à proscrire. Si vous remplissez une mangeoire, nettoyez-la régulièrement avec de l’eau chaude et du vinaigre blanc, car l’humidité et les fientes favorisent les maladies.

Une dernière erreur courante consiste à tout couper dès la fin des fleurs. Les capitules non mûrs ne contiennent presque rien d’utile, et vous supprimez à la fois le garde-manger et le refuge. À l’inverse, ne gardez pas une plante malade (taches noires, champignon) : mieux vaut l’évacuer que de risquer de contaminer le massif voisin.

Un tournesol qui a fini de fleurir n’est donc pas un déchet de jardin. Avec un peu de patience, quelques capitules suspendus et des tiges laissées en place, il devient un point d’accueil pour les mésanges, les chardonnerets et leurs voisins, jusqu’aux beaux jours.

Partager cet article
Margot Delacroix teste et analyse les solutions pratiques qui transforment quotidiennement un logement. Passionnée par les économies d'énergie et l'optimisation de l'habitat, elle explore les alternatives simples aux équipements coûteux et décortique les innovations qui font vraiment la différence dans une maison.
4,9/5 (27 votes)

A lire aussi

Laisser un commentaire —

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *